Le regard collé à la fenêtre
n’a du jardin que le mur d’en face
pour unique certitude d’un bout du chemin
Les arbres se retiennent les branches
de peur d’avoir à se porter plus haut
quand les feuilles brûlent avant l’été
de ne plus savoir chanter
les rêves de printemps aux ailes des oiseaux
Même les racines s’écorcent
à perdre la mémoire
enfouie sous des gravats blanchis
de ne plus rien savoir
Et si je me retourne
à regarder derrière
les murs de la chambre d’à côté s’effacent
des traces qu’hier encore donnaient sens
aux semblances des rivages
quand d’avant s’étoilait l’horizon
© Alain MORINAIS
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