Le chemin n’a d’horizon qu’à la pointe du soulier
ignorant du pas à venir
incapable de distinguer des brumes où le talon se pose
jusqu’à se prendre les pieds en délires de marche brune
La pensée se gave de prêt à porter
Les rêves ont de l’image des images plein les yeux
Des lunettes plaquées d’ors à portée des écrans
Le ciel ne se lave plus de ses nuits blanches
Même les étoiles laissent des traces de crème brûlée
aux chalumeaux des anges encauchemardés
La lune écrit son dernier mot à la chandelle morte
Elle pleure ses Pierrots arlequinés au clair de chimères
en des lambeaux de misères
Le temps fait son temps du temps qui passe
sans prendre le temps de conjuguer au simple futur
la réalité de l’heure
autre qu’au prix d’usure de la montre
© Alain MORINAIS
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