jeudi 3 avril 2025

Sans les délires de plume

Transparence d’un léger voile facile à tendre

Le ciel ce matin n’a qu’un bleu à offrir

Au plus haut du regard le ciel semble vide

 

La mer a la quiétude du jour sans craindre la vague

Elle a le choix de la robe azur et vert

Flottant en surface à prendre l’air

 

Le vent a des paroles mal apprises

Ses mots se perdent parfois dans les rumeurs de l’eau

Les éclats de sa voix sont des humeurs de bains au soleil

 

Le regard embrasse au-delà de ce qu’il peut voir

 

Sans les délires de plume

                 Les yeux éclairent les ombres

                 Se voilent à lire la lumière

                 Impriment l’éphémère sans mémoire

                 L’esprit pose les mots à choisir

                 Et compose sa vision à retenir

Le regard s’élargit sans pouvoir attraper le jour qui s’étire

 

Vitrail incertain plombé de croyances en ces bouts d’images déjà mortes

L’esprit se fabrique un souvenir

La parole dira ce que ses mots sauront traduire

Du reste des restes au fil des jours

 

© Alain MORINAIS

mercredi 2 avril 2025

Le temps sera de poésie ou ne sera pas

Un jour

Un jour je crois

Un jour certain de sa nuit en finira

 

Un regard mouillé en coin d’œil d’une perle de vie

                 telle la rosée d’un brin de prairie aura compris

 

Le réveil aura de l’aube la mémoire

                 le parfum de la rose un temps fanée

                 le goût du ciel après la pluie

                          quand le soleil dessine en arc les couleurs

 

Un jour

Un jour je crois

Un jour retrouvera de l’heure l’essence

                 sous la caresse du vent

Un temps de chemins écartés

                 où la vie à contempler la vie prend sens

 

Le temps sera de poésie

                 hors des maisons de poètes

Ou ne sera pas

 

© Alain MORINAIS

 


lundi 31 mars 2025

Le poète est nu

Le poète est de son temps

Il boit l’air du jour

S’éclaire aux nuits des lunaisons

D’une chanson fait sa raison

Écrit du monde les cris

Un battement d’ailes est son parcours

                 de justice et d’Amour

Sans jamais pouvoir s’y reposer

 

Lire et dire un poème

C’est écouter au-delà d’entendre

La résonance intérieure de mots venus d’ailleurs

 

C’est apprendre à souffler sur la braise

Des vers couvrant l’incendie au cœur du poète

 

C’est en chemin de terre ouvrir au réel

L’horizon personnel de nouveaux imaginaires

 

La poésie est une vibration des sens

Quand bien même les mots interrogent le sens

 

Des traces de plumes aux ratures de page blanche

À l’orée d’un monde de l’esprit

                 et du réel éclairé de l’unique vision

                 dictée de mots parvenus des profondeurs

En la vie de poésie

À la rencontre matérielle du sens commun et de l’imaginaire

 

                                             Le poète est nu

© Alain MORINAIS

dimanche 30 mars 2025

La super lune du tonnerre

Sous le poids d’un été de chaleur à porter

Le ciel épuise ses bleus par manque d’air

Quand la lune restée là à traîner

Se fait transparente et légère

 

Les murs cherchent les ombres à l’abri des façades

De la nuit les volets gardent la lumière

Les toits brûlants n’ont de repos Bordées d’astre fluide

Les rues désertes se faufilent entre les maisons vides

 

Le soir

Le crépuscule se voile de douceur

Aux violettes des sorciers

La super lune du tonnerre fait des rondeurs

Et de s’oranger rend à la vie ses couleurs

 

© Alain MORINAIS

samedi 29 mars 2025

De la nuit à la nuit

De la distance vient le temps

Et du temps la distance se pose

La relation de la distance au temps

 

De la nuit déchirée d’un cri de lumière ébloui

À la nuit étoilée enveloppée du silence d’oubli

La distance n’a d’existence qu’en l’épreuve de l’instant

 

Le temps n’est qu’illusion du parcours

 

Quand l’instant à chaque pas ne sait ce qu’il sera

Et a de la distance la mémoire de traces que le temps efface

De la nuit à la nuit quand s’éteint la lumière

 

© Alain MORINAIS

jeudi 27 mars 2025

Un mot d'Annie ERNAUX Prix NOBEL de Littérature

"Je ferai à la manière des surréalistes : ouvrir au hasard "Au-delà du vent la poussière des roses", c'est ainsi que j'ai déjà lu Et le temps vient et Le visage traversé du temps, me laissant sûre de rencontrer des mots pour moi. Merci" Annie ERNAUX Prix Nobel de Littérature le 25 mars 2025


 

lundi 1 avril 2024

Disponible - Opéra Poétique en 3 actes

 

Acte 1

Scène 1 L’enfance                                                  
Scène 2 Ne nous y trompons pas                       
Scène 3 L’horizon attend                                      
Scène 4 De la vie n'est-il-pas d'espérance          

 

Acte 2

Scène 1 J'ai dans tes yeux peuplé les déserts      

Scène 2 Aragon passe sous la fenêtre et chante       

 

Acte 3

Scène 1 Simplement l'envie de se trouver         
Scène 2
Assis aux portes du réel et au-delà        

 

Final
 
78 pages 15X21cm sur papier bouffant 80g naturel

mercredi 28 février 2024

Disponible...

 

Réédition de mes "Laboureurs d'espoirs"
dans une version intégrale, telle que je l'avais conçue à l'origine... 
Disponible. 
Entre roman historique et fiction documentaire 
360 pages 15X21 cm.
 
 



dimanche 15 octobre 2023

Disponible...

cette communion intime du fini et de l'infini. Un livre somptueux. Tu es un virtuose étonnant, une écriture splendide, impossible à concevoir et si proche pourtant de chacun ; "la crainte que le temps ne me lise/ comme un besoin de tenir toujours prêtes les valises/sur le quai du départ." Philippe COURTEL
 

mercredi 5 avril 2023

Prix Théodore de BANVILLE décerné à Alain MORINAIS

 Présentation du Prix lors de la remise officielle le 31 mars 2023 par la Société des Poètes Français

Les textes sont plus ou moins longs, même courts, parfois... Mais la prose poétique d’Alain MORINAIS nous captive ! En nous parlant de toutes ces petites choses de la vie qui sont notre histoire commune, en nous décrivant les scènes de vie que nous partageons tous, il nous emmène dans un monde de merveilles et d’optimisme ! Nous ne lisons plus de la poésie : nous voyons naître, au fil du texte, un tableau ! Parce que toutes les couleurs sont présentes, pour construire le décor – pourtant bien réel ! - de nos rêves ! Je suis à peu près sure que tout peintre lisant Alain MORINAIS serait capable d’aller chercher toile et pinceaux et de se mettre au travail, emporté par des descriptions qui unissent, d’un seul tenant, le peintre et le poète aux mots !

Et, bien évidemment, comment ne pas tirer un parallélisme certain entre les textes poétiques d’Alain MORINAIS et la plupart des poèmes de Théodore de Banville, cet amoureux éperdu de l’Allier et de Moulins ? Écoutez plutôt : « Ô buissons d’églantier/ Jetant dans les ravines/ Comme un chêne le gland/ Leur fruit sanglant// Murmurante oseraie/ Où le ramier s’effraie/ Saule au feuillage bleu/ Lointains en feu »// (Les Stalactites, 1846) Dans quelques instants, vous ne pourrez plus douter que Théodore de BANVILLE adoube tout à fait Alain MORINAIS et se réjouisse qu’il soit, cette année, récipiendaire du prix portant son nom... 

Véronique FLABAT-PIOT présidente du Jury des Prix de poésie de la Société des Poètes Français

 

In « Il est des matins de lumière à se rire du froid » Éd. De l’Écritoire du Poète », Thiais, 2022

Le Jardin des Gemmes 

Emmitouflé de laine blanche, le ciel hivernant tremble et se défait de ses bouloches, constellant l’espace de coton en flocons glacés, virevoltant et tricotant le val d’un tapis de paradis blanc. Le soir venu, le ciel de lit se tire de noir sur les draps de froidure immaculée. Les toits des maisons frileuses, que l’on devine serrées sous leur manteau gelé, réchauffent le noir de volutes enfarinées d’haleine chaude. Le noir magnifie l’éclat de sa nuit blanche. Libérés de ces nuits laiteuses, les cieux d’aube claire se teintent de bleu, donnant au blanc neigeux un reflet azuré. Le soleil, à peine levé, étoile la poudreuse de diamants bleutés, qu’étincelle la transparence au zénith. L’opale blanche du jour s’éclabousse à brûler les paupières. L’heure à présent se penche sur l’horizon doré de ses cheveux défaits, irise la vallée moirée de chaude clarté. La neige se fait sensuelle et blonde, sans avoir rien à fondre. Le ciel d’ambre s’enflamme ; le sol se jonche d’orange ; l’astre s’empourpre, laissant au fond des combes comme une tache de sang. Les bruns s’emparent des lueurs à échopper les ombres, et le noir reprend sa place. Dans la nuit retrouvée revient le blanc. Noir et blanc. Blanc et noir. Blanche, la terre des lumières que les couleurs inondent. Noire, la voûte, jardin des gemmes, parsemée des graines de soleils. 
 
Alain MORINAIS

 

Rêves d’un Matin

Le ruisseau a le chant des pierres, éclairé des gouttes éclatées de lumière. Aux caresses des herbes couchées sur les rives, se coulent les rayons mouillés des rires du soleil, comme la source bue aux creux des mains, le reflet de joie d’une larme perlant aux paupières, des rêves d’un matin que plus rien n’exaspère.

Alain MORINAIS


mercredi 7 décembre 2022

De Elena FERNANDEZ-MIRANDA

Elena FERNANDEZ-MIRANDA 

Auteure de "Les fantasmes d'APOLLINAIRE"

 Très cher Alain,
À peine reçu ton livre, je me suis plongée dans la lecture de tes poèmes qui évoquent tant d'émotions.
À te lire je vois que tu es né poète, homme d'une sensibilité hors du commun, et les larmes me viennent aux yeux…
Tu joues avec les mots jusqu'à les rendre poétiques, différents, légers, jusqu'à les rendre des trésors profonds qui pénètrent l'âme.
Merci de ces poèmes, très cher Alain, qui sont ceux que j'aurais voulu écrire et incapable de le faire, tu les a écris merveilleusement pour moi ! Je t'embrasse
Elena