"Merci de nous faire entendre et voir votre chant singulier." François CHENG de l'Académie française __________________________________________ "Je ferai à la manière des surréalistes : ouvrir au hasard "Au-delà du vent la poussière des roses", c'est ainsi que j'ai déjà lu "Et le temps vient" et "Le visage traversé du temps", me laissant sûre de rencontrer des mots pour moi. Merci" Annie ERNAUX Prix Nobel de Littérature
mardi 24 décembre 2024
mardi 5 novembre 2024
lundi 23 septembre 2024
mardi 27 août 2024
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dimanche 18 février 2024
En 1968, après la publication de son livre poème ELSA, Louis ARAGON écrit à Alain MORINAIS :
Ce livre-poème, DANY, d’Alain Morinais, apparaît comme l’un des textes les plus intimes et les plus unifiés de son œuvre. Il ne s’agit pas simplement d’un recueil de poèmes amoureux, mais d’une élégie mémorielle structurée autour de la survivance de l’être aimé dans le langage, la mémoire et le temps.
Une élégie de la survivance
Le livre repose sur une tension fondamentale : l’absence n’abolit pas la présence. Dès les premiers textes, le temps n’est plus une donnée chronologique mais un espace affectif où les êtres continuent d’exister ensemble : « Le temps c’est toi et moi / Au-delà des chairs » Cette idée traverse tout le livre. Le deuil n’y est jamais traité comme rupture absolue mais comme transformation du lien. Dany devient lumière, souffle, voix, paysage, élément cosmique. Le poète construit ainsi une métaphysique amoureuse où la disparition physique ouvre paradoxalement à une présence plus diffuse et universelle. Cela donne au texte une tonalité proche de certaines élégies de Louis Aragon après Elsa, explicitement convoqué dans « Aragon passe sous la fenêtre et chante ». Mais contrairement à Aragon, souvent porté vers la mythification lyrique, l’écriture d’Alain MORINAIS conserve une forte matérialité sensorielle : odeurs, lumière, peau, pluie, sable, montagne, voix régionale, gestes ordinaires. C’est ce qui empêche l’abstraction.
Le grand thème : l’amour comme création de soi
L’un des aspects les plus forts du livre est la manière dont l’amour est présenté non comme fusion sentimentale, mais comme fondation existentielle : « Tu m’as permis d’être ce que sans toi je n’aurais su »
L’être aimé devient ici révélateur d’identité. Le « je » n’existe pleinement qu’à travers la relation. Ce thème revient continuellement sous des formes différentes : la main qui guide, la voix qui rassure, la présence qui permet les combats, la tendresse qui structure le monde.
Il y a là quelque chose de profondément humaniste : l’individu ne se construit pas seul.
Une poésie de l’image et des éléments
La poésie d’Alain MORINAIS fonctionne beaucoup par récurrences symboliques : la lumière, le vent, l’eau, la neige, les montagnes, la lune, le bleu, les fenêtres, les miroirs. Ces motifs forment une véritable architecture intérieure du livre. La fenêtre, notamment, devient un lieu de passage entre présence et absence, mémoire et réel. L’eau et les paysages marins d’Hendaye jouent également un rôle essentiel : ils incarnent le mouvement du souvenir, le flux du temps, mais aussi l’éternité amoureuse. On retrouve ici une filiation avec la poésie néo-lyrique contemporaine, mais aussi avec certains accents de Paul Éluard et de René Char, notamment dans la capacité à transformer les éléments naturels en langage affectif.
La question formelle
Le texte privilégie le vers libre, souvent proche de la prose poétique. Le rythme repose davantage sur : l’anaphore, les reprises, les échos internes, les retours obsessionnels de certains motifs, que sur une structure métrique classique. Cela donne une impression de parole portée par le souffle et la mémoire plus que par la construction formelle. Cependant, certains passages montrent une recherche musicale plus affirmée, notamment : « La chanson du miroir brisé », « Aragon passe sous la fenêtre et chante », certains quatrains des pages 34 à 39. Ces sections sont particulièrement fortes car elles introduisent une tension entre spontanéité et composition.
Le cœur véritable du livre : la dignité dans la douleur
Les pages les plus puissantes sont peut-être celles où le poème quitte l’idéalisation amoureuse pour approcher la souffrance réelle : l’enfance blessée, la maladie, les douleurs cachées, le courage quotidien, la disparition. Là, le texte atteint une profondeur humaine remarquable, car il évite le pathos facile. Dany n’est pas seulement muse ou figure idéalisée : elle devient une personne traversée par la fragilité, la peur et la résistance. Le passage : « Qui pouvait imaginer / Ce que tu prenais grand soin de cacher » compte parmi les plus justes du recueil.
Une dimension testamentaire
Le livre finit par dépasser le simple hommage personnel. Peu à peu, il devient reflexion sur : la transmission, le vieillissement, la mémoire, l’écriture elle-même.
L’idée essentielle est peut-être celle-ci : écrire ne ressuscite pas les morts, mais empêche leur effacement. Le poème devient alors lieu de résistance contre l’oubli.
Conclusion critique
DANY est un livre de fidélité absolue.
Sa singularité tient à plusieurs éléments : l’absence totale de posture littéraire, une sincérité émotionnelle très rare, une forte cohérence symbolique, une poésie du souvenir incarné, une capacité à faire du deuil une énergie lumineuse.
Ce n’est pas une poésie expérimentale ni conceptuelle. Elle s’inscrit clairement dans une tradition lyrique humaniste française, assumée et revendiquée. Sa réussite ne vient pas de l’innovation formelle, mais de la continuité du souffle, de la vérité affective et de la puissance d’évocation.
Les passages les plus accomplis sont ceux où : le concret rejoint le cosmique, la mémoire devient paysage, l’amour devient conscience du monde.
Et c’est probablement là que réside la vraie réussite du livre : faire d’une histoire intime une méditation universelle sur le temps, l’amour et la persistance des êtres dans la mémoire des vivants.
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dimanche 15 octobre 2023
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vendredi 18 août 2023
vendredi 11 août 2023
mardi 30 mai 2023
vendredi 26 mai 2023
mercredi 5 avril 2023
Prix Théodore de BANVILLE décerné à Alain MORINAIS
Présentation du Prix lors de la remise officielle le 31 mars 2023 par la Société des Poètes Français
Les textes sont plus ou moins longs, même courts, parfois... Mais la prose poétique d’Alain MORINAIS nous captive ! En nous parlant de toutes ces petites choses de la vie qui sont notre histoire commune, en nous décrivant les scènes de vie que nous partageons tous, il nous emmène dans un monde de merveilles et d’optimisme ! Nous ne lisons plus de la poésie : nous voyons naître, au fil du texte, un tableau ! Parce que toutes les couleurs sont présentes, pour construire le décor – pourtant bien réel ! - de nos rêves ! Je suis à peu près sure que tout peintre lisant Alain MORINAIS serait capable d’aller chercher toile et pinceaux et de se mettre au travail, emporté par des descriptions qui unissent, d’un seul tenant, le peintre et le poète aux mots !
Et, bien évidemment, comment ne pas tirer un parallélisme certain entre les textes poétiques d’Alain MORINAIS et la plupart des poèmes de Théodore de Banville, cet amoureux éperdu de l’Allier et de Moulins ? Écoutez plutôt : « Ô buissons d’églantier/ Jetant dans les ravines/ Comme un chêne le gland/ Leur fruit sanglant// Murmurante oseraie/ Où le ramier s’effraie/ Saule au feuillage bleu/ Lointains en feu »// (Les Stalactites, 1846) Dans quelques instants, vous ne pourrez plus douter que Théodore de BANVILLE adoube tout à fait Alain MORINAIS et se réjouisse qu’il soit, cette année, récipiendaire du prix portant son nom...
Véronique FLABAT-PIOT présidente du Jury des Prix de poésie de la Société des Poètes Français
In « Il est des matins de lumière à se rire du froid » Éd. De l’Écritoire du Poète », Thiais, 2022
Le Jardin des Gemmes
Rêves d’un Matin
Le ruisseau a le chant des pierres, éclairé des gouttes éclatées de lumière. Aux caresses des herbes couchées sur les rives, se coulent les rayons mouillés des rires du soleil, comme la source bue aux creux des mains, le reflet de joie d’une larme perlant aux paupières, des rêves d’un matin que plus rien n’exaspère.
Alain MORINAIS
mercredi 7 décembre 2022
De Elena FERNANDEZ-MIRANDA
Elena FERNANDEZ-MIRANDA
Auteure de "Les fantasmes d'APOLLINAIRE"
Très cher Alain,
À peine reçu ton livre, je me suis plongée dans la lecture de tes poèmes qui évoquent tant d'émotions.
À te lire je vois que tu es né poète, homme d'une sensibilité hors du commun, et les larmes me viennent aux yeux…
Tu joues avec les mots jusqu'à les rendre poétiques, différents, légers, jusqu'à les rendre des trésors profonds qui pénètrent l'âme.
Merci de ces poèmes, très cher Alain, qui sont ceux que j'aurais voulu écrire et incapable de le faire, tu les a écris merveilleusement pour moi ! Je t'embrasse
Elena
mercredi 19 octobre 2022
dimanche 4 septembre 2022
Retour de lecture de Marie VERMUNT
Poète et Présidente de l'Académie Renée VIVIEN
Cher Alain,
C’est un bain de poésie que nous offrent ces trois recueils*.
La beauté des images, toujours renouvelées, puisées dans le ressac d’une mémoire pelée à vif, sert une émotion distillée au fil des vers avec une délicatesse rare, une pudeur qui retient le silence à fleur d’âme.
Je te remercie infiniment pour ce beau moment de lecture, qui témoigne d’une vie intérieure intense saupoudrée de poussière de roses.
Bien amicalement
Marie Vermunt
* "La nuit sera tango" ; "Il est des matins de lumière à se rire du froid" ; "Au-delà du vent la poussière des roses".
mercredi 10 août 2022
Disponible
‘Il est des matins de lumière à se rire du froid’
Si quelqu’un peut dire que la prose poétique n’est pas de la poésie, alors Alain Morinais va le pourfendre sans coup férir et lui prouver le contraire au fil de sa plume…
J’ai ouvert son recueil comme n’importe lequel, croyant y lire des rimes et des vers… Surprise… de la prose mais si fine, si ciselée qu’elle pourrait facilement se réécrire en vers… Dès les premières pages, je me suis demandé si je n’allais pas cesser d’écrire… ses images et ses allégories en ont fait pâlir le film de ma caméra… Au fil des textes, nous l’imaginons un pinceau à la main, touchant et retouchant la couleur de ses mots… Le sable, la mer, la pluie et tous les éléments de la nature deviennent ses complices… Le recueil se déguste à la petite cuillère et moi qui suis gourmand je frise bientôt la crise de beauté… Tout ce qu’il dépeint est l’œuvre d’un artiste… Noter une citation ferait injure aux autres, vous pouvez tout lui prendre, jusqu’à ses propres mots, ils resteront gravés dans des reflets de lune… Il est déjà très tard… cette nuit sera longue de sueurs poétiques… le roman policier qui trône sur ma table de nuit languit à en mourir… Tiens voilà le sujet d’un roman… Qui a tué le polar ?... Une œuvre poétique pardi. Je crois que je ferais un assez bon limier… Cette nuit je le sais, j’écrirai tes poèmes.
En attendant, le vent me murmure à l’oreille des histoires de l’au-delà, de l’au-delà des mers... Il faut absolument lire ce recueil… car : « à la naissance du temps, le ciel se fait des trous, le soleil en profite, peu importe la suite… quand survient le printemps et que les fenêtres ne demandent qu’à s’ouvrir pour mieux voir la mer et le sable s’unir et s’attendrir au souvenir fané du sourire d’une fleur… »
Claude Dussert -
jeudi 26 mai 2022
Retours de lectures de "La nuit sera tango"
De Chantal PAYS
Votre poésie, Monsieur Alain MORINAIS, a quelque chose de mystique. Elle élève l'âme dans la contemplation évoquée de la création. Tout est dans l'expression des mots, des images et du ressenti... Chantal PAYS
De Éléna FERNÀNDEZ-MIRANDA
Cher Alain, Je suis plongée dans la lecture de votre livre...dernier le soir, premier le matin. Je relis vos poèmes une et autre fois...ils éveillent en moi des sentiments très profonds que j'éprouve sans arriver à les exprimer si magistralement comme vous. Merci de ce trésor! Éléna
De Philippe COURTEL
Vital (HEURTEBIZE) confirme l'impression de ton modeste ami Philippe : Vital et toi figureront dans le Parnasse poétique du XXIème siècle.C'est évident.Vos écritures disent ce que je n'ai jamais lu d'aucunes autres ( 69ans). Voilà. Cela peut paraître flatteur. Non, c'est l'immense pouvoir de l'émotion, ce don étrange des vrais poètes, communique au lecteur cet immense raison de vivre. Le poème rend le lecteur poète et vice versa. Cette beauté de te lire s’impose naturellement. On ne peut pas écrire plus vrai. Merci Alain cela valait la peine de vivre que de (vous) lire.... Merci d'être au monde et Dany de t’avoir fait ce que tu es... C'est grand Alain ce que tu entreprends. Je t'embrasse. Philippe COURTEL
dimanche 1 mai 2022
Retour de lecture de Philippe COURTEL...
"Qu'il me reste le temps d'écrire au présent
De trembler au miroir des ans
Et goûter chaque instant sans autre désirs
Tel un souffle du vent s'enlacer vivant"
L'émanation de cette beauté particulière d'une écriture inconnue finit par déchirer le voile de notre âme morose comme dans "Si je n'ai su te dire".
Philippe COURTEL
jeudi 14 avril 2022
lundi 28 février 2022
vendredi 20 août 2021
159 pages 15X21 sur papier 80g bouffant ivoire - 118 poèmes - 15€ -
Comprend l'intégrale de "Tant qu'il est temps" lauréat du Grand Prix d'Estieugues 2021 et
l'intégrale de "La colère en partage" lauréat du Grand Prix de La Pléiade 2020...
jeudi 29 octobre 2020
À deux voix - Prix HUBERT-FILLAY 2021 décerné par L'Académie Internationale de l'École de la Loire - Lauréat du Prix "RENAISSANCE 2021" décerné par l'Académie Poétique et Littéraire de Provence
Ce livre À deux voix s'est écrit au fil des jours, poème après poème se répondant un à un, sans volonté de cohérence autre que la réponse de l'un à l'autre, selon l'inspiration de l'autre pour l'un et réciproquement.
Marie-José Pascal pose la première Parcelle de l'invisible le 14 septembre 2020 sans concertation préalable ni orientation volontaire. Alain FC Morinais répond D'un simple regard le jour même, et s'enchaînent ensuite les échanges au rythme d'un à deux textes par jour.
À deux voix est composé de 69 poèmes dont
35 signés de Marie-José Pascal et
34 de Alain FC Morinais.
L'écriture s'est achevée le 20 octobre 2020 parce qu'il fallait bien un jour en décider la fin.
Si cet ouvrage de poésie peut se lire comme un recueil de poèmes appréhendés dans le désordre, il devrait pouvoir être lu de la première à sa dernière page comme un livre racontant une histoire appréciée dans le développement et les rebondissements des étapes successivement proposées. Une rencontre poétique où chacun exprime spontanément une sensibilité toute particulière.
Un chant singulier À deux voix.






















