samedi 17 octobre 2026

Au-delà du vent la poussière des roses

 

Il est des œuvres dont on peut tenter de résumer le propos. Il en est d'autres dont la lecture conduit moins à une conclusion qu'à une transformation progressive du regard. Au-delà du vent la poussière des roses appartient à cette seconde catégorie. Au terme de sa lecture, une conviction s'est progressivement imposée : ces textes ne cherchent pas tant à apporter des réponses qu'à maintenir vivante la nécessité d'interroger.

Interroger le temps, la mémoire, l'absence, le monde, le langage, la lumière, la nuit. Interroger ce qui demeure quand les certitudes s'effacent. Interroger enfin cette étrange faculté de l'être humain qui consiste à continuer de regarder, d'aimer, de penser et d'écrire alors même qu'il sait ne pouvoir retenir ce qui passe. Mais cette interrogation n'a rien d'un exercice abstrait. Elle naît presque toujours d'une expérience sensible : un oiseau, une vague, une branche, un ciel, un visage, une fenêtre, un miroir, une page blanche. L'immensité du monde entre ainsi dans le poème par des choses modestes. Et ces choses, à leur tour, ouvrent sur des questions sans mesure. C'est peut-être l'une des caractéristiques les plus constantes de l’écriture d’Alain MORINAIS : faire tenir une interrogation sur l'existence dans le mouvement le plus ordinaire du monde.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Un mot sympathique, un avis avisé, une critique fine… Quel que soit votre commentaire, merci par avance. Alain MORINAIS