J’avais la mémoire des cailloux du Buech
des trous d’eau de l’été à s’apprendre y baigner
Les chemins d’aventure menant aux pieds des monts
de l’enfance nos géants
De la Jarjatte au cœur d’un vallon de jeux d’avant
les rêves chantaient de s’y vivre éveillés
Les copains s’appelaient Ifig Ahmed Ismaël
les rires étaient la langue des accents maternels
J’ai voulu retourner où liberté fraternelle
plus que les mots m’ont été enseignés
Les arbres ont pris leur aise au lit du torrent
Les trous ont perdu la mémoire de l’eau
Les monts regardent les constructions attendant l’hiver
La neige fait plus d’argent que les colos d’avant
Les bâtiments de nos vacances toujours restées les plus grandes
ont perdu leur charme d’antan
Mais coincées à fond de gorge
les larmes se rappellent les bonheurs d’autrefois
sans avoir à se dire c’était mieux avant
Mais quand même...
© Alain MORINAIS
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