vendredi 3 juillet 2026

La permanence

Le chemin avance

à soulever les pierres

d’un pas écorché au débord des fossés

Des ronciers s’étendent à vouloir s’accrocher

La ligne courbe du ciel penche jusqu’à baiser la terre

Les ombres se cachent derrière les arbres

les branches tendues vers d’autres possibles

 

Quand le jour s’éteint de trop durer

la nuit fait des signes d’appel à la lune

Le regard se frotte les yeux

pour ne pas sombrer

Le fond de l’air prend l’air de mélancolie glacée

ne sachant ce qu’il reste du prochain

et machinalement se retourne

La peur du lendemain

 

La ténèbre a envahi tout ce qui est passé

à se demander vraiment si cela est bien arrivé

Les paupières trop lourdes peinent à trouver les traces

Seule une lumière parvient du fond de l’âge

comme l’enfant de la distance n’a cure

et semble être du jour finissant l’image des ans

la permanence

© Alain MORINAIS 

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