Comme les ans s’amoncellent
le temps prend la couleur des ombres
allongées en chaque coin
où le pas cherche encor le chemin
sans pouvoir se défaire d’un voile
sombre étendue estompant la lumière
d’un ciel couché vautré dans ses nuages
jusqu’à toucher la terre
et brouiller le regard
de restes encombrés d’histoire
La fenêtre embrumée laisse entrer un demi-jour
barbouillé d’inquiétude
se glissant entre les meubles
tapissés d’ombreuses incertitudes
La chambre frissonne du froid qu’il fait dehors
la solitude ne sachant plus comment se réchauffer
L’automne a des soirées obscures les sombreurs
d’années amoncelées
quand des lueurs étoilées glissent sous la porte
fermée sur l’inconnue du temps d’avant l’hiver
© Alain MORINAIS
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