dimanche 24 mai 2026

Un ciel trompeur

Le chant du soleil avait ce jour-là des éclats de lumière bleue

Le ciel s’y baignait sans les nuages

Donnant aux nues la transparence des eaux de montagne

Un lac bleu à l’envers du monde

Un ciel rieur à croire joyeux ce moment de l’heur

La fluidité d’un bonheur étendu tel un voile satin d’opale

 

Quand la terre se déchire en fosses étrangères

aux éclats d’acier brûlant ses lumières

Les cités ivres s’y baignent dans le sang

Les ruines d’un autre âge mêlant aux labours

les boues des tranchées retournées sur la mort

La marée régurgite les corps à l’endroit du monde

 

Une terre de malheur sous un ciel trompeur

 

Un jour le chant de la terre aura des éclats de lumière bleue

Celle que l’on voie de là-haut dans un coin d’univers

Des restes d’avant s’y baigneront d’avoir enfin compris

Le bleu n’est pas seul plaisir des yeux

© Alain MORINAIS 

 

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